La maison atelier de Gabriel Pagnerre à Mons-en-Barœul


Merci à Alain Cadet qui a mené une belle enquête. Il a notamment permis à cette photographie (© AC/CW/Eugénies - Reproduction interdite) de refaire surface. On y voit les trois arcades de cette bâtisse due à l'architecte Gabriel Pagnerre construite pour les chais du Vert Galant. Deux des trois fenêtres étaient aveugles. Ci-dessous l'article paru dans La Voix du Nord le 4 octobre 2013, et les commentaires personnels d'Alain Cadet.




À l'origine la construction de ce bâtiment a été demandée par un marchand de vin. Il était complètement fermé avec juste une petite fenêtre parmi les 3 ouvertures en arcade. Les  chais du marchand se trouvaient là.  La lumière n'est pas bonne pour la conservation du vin.

Pendant la guerre, le bâtiment a été occupé par les Allemands. À la libération un atelier de métallurgie, les établissements Quesnet,  dont les locaux avaient été détruits par les bombardements de Fives est venu s'y installer. 

En 1950, Robert Mouret, un ébéniste fabricant de meubles, rachète le local. C'est à peu près de cette époque que doit dater la photo © ci-contre. Charles Wilson (dit Charlie, le fils d'Alexander Wilson : un sous-officier écossais qui servira pendant la première guerre mondiale et entrera dans la résistance pendant la seconde) fait la connaissance de la fille de Monsieur Mouret, dans un bal, à Mons. Il vient tout juste de quitter l'armée. 

En 41, diplômé de mécanique, il travaille dans un garage de Lille. Il s'engage dans la résistance et à la libération il rejoint l'armée  où il sera chauffeur puis mécanicien. Robert Mouret lui demande de réparer un vieux camion puis différentes machines en panne dans l'atelier. Il apprend le métier sur le tas et épouse la fille du patron. Doué pour le travail manuel il devient assez vite un très bon ébéniste, réputé dans la région. En 1964 il prend la succession de son beau-père et prendra sa retraite qu'en 1986. En 1968, un incendie ravage l'atelier. Charlie en profite pour abattre quelques murs, fait modifier la façade et crée un magasin (il se trouvait auparavant rue Mirabeau). Quand il était en activité, l'ébéniste occupait la partie supérieure de la petite maison Pagnerre qui se trouve sur le côté du bâtiment et louait le rez-de-chaussée à Jean-Marie Leblanc qui devait devenir le directeur du Tour de France.