La rue Jules Boucly à Villeneuve d'Ascq

Ce cliché et le texte ci-dessous sont extraits de la publication parue en 2018 " Autrefois et aujourd'hui Flers Bourg - Flers Breucq " par la Société historique de Villeneuve d'Ascq.

Nous avons rectifié un passage concernant la loi Loucheur, Gabriel Pagnerre " précurseur " ayant réalisé des constructions quelques années avant la publication de celle-ci.


N° 90 à 114 rue Jules Boucly

Cet ensemble de maisons date de 1925.


L'architecte Gabriel Pagnerre a harmonisé les constructions en leur donnant une même organisation : deux niveaux et deux travées, mais leur a attribué des particularités décoratives qui rendent chaque maison unique, évitant la monotonie. Cela donne des maisons différentes, mais cependant avec un petit air de famille qui fait que l'on se sent aussi appartenir à la communauté de la rue et du quartier.


C'est la pleine époque du style Art déco et des Années Folles.


Au numéro 94, à compter de 1931 et jusqu'à son décès, à plus de 85 ans, Auguste Natiez (1874-1960) coiffera les hommes. Il avait remplacé Maurice Tobot qui lui n'était pas coiffeur mais perruquier.


Gabriel Pagnerre (1874-1939), fils d'architecte s'est démarqué de ses confrères qui trouvaient plus prestigieux de construire des palais, des théâtres, des églises, en se consacrant plus particulièrement aux maisons individuelles qu'il construira en grand nombre, plus de quatre cents, principalement dans la région lilloise et quelques-unes sur la côte. Villeneuve d'Ascq en possède de nombreuses, essentiellement sur Flers qui sont citées tout au long du livre.


En 1913, il avait établi un projet de construction de neuf maisons ouvrières sur un terrain du bureau de bienfaisance de Flers. Il était alors l'architecte de la commune. Il s'agissait de pavillons jumelés. 


La Grande Guerre stoppera ce projet. Mobilisé à l'âge de quarante ans, il est engagé dans le Génie et se retrouve à Verdun, où il est blessé à deux reprises. Démobilisé en janvier 1919, il rentre à Mons-en-Barœul pour assister au décès de sa mère, probablement victime de la grippe espagnole. Il peine à retrouver sa clientèle. C'est alors pour toute une nouvelle classe de petits propriétaires qu'il construit dans l'immédiat après-guerre des bâtiments influencés par l'Art déco. Les terrains sont désormais découpés en lotissements et beaucoup accèdent pour la première fois à la propriété.


C'est bien avant la publication de la Loi Loucheur, du 13 juillet 1928, que Pagnerre réalisa des maisons de ville avec des qualités d'espace et de confort certaines. Voir à ce sujet la maison " Redcathut " au n° 57 de la rue Pasteur à Mons-en-Barœul, qui possède en façade son année de construction en chiffres romain (MCMXXV = 1925).


Pagnerre a toujours essayé d'être dans la modernité, usant d'un nombre restreint de formes architecturales pour individualiser chaque maison.


D'autres clichés de la rue Jules Boucly 

© Jacques Desbarbieux