Affichage des articles dont le libellé est Plan bleu. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Plan bleu. Afficher tous les articles

Plan masse du Vert Cottage en 1912 : la propriété de l'Architecte Gabriel Pagnerre


D'après des relevés de 1905, Gabriel Pagnerre réalise le plan masse de son deuxième cabinet d'architecture pour sa construction en 1912. Sur ce plan bleu colorisé on remarque en A le Cottage de 19,55 m2, en B L'avenue du Trocadéro (et l'emprise de sa partie mitoyenne de 5,65 m2) et en C le potager de 8,10 m2. 

Le Vert Cottage a été construit sur un terrain qui a été acheté à un couple de propriétaires belges, qui sont : Paul Emile Louis Marie Joseph Dannay (inspecteur d'assurances) et Marie Henriette Anne Maes demeurant en Belgique à Lacken lez Bruxelles, et qui l'avaient eux-même acheté le 14 mars 1902 à la famille Bacquet. L'acte de vente du terrain est daté du 10 novembre 1911.

Toutes les cessions succesives ont pu être retrouvées depuis une trace très ancienne concernant déjà la vente de ce terrain avec Louis Joseph Salembier et Catherine Françoise Joseph Leblond qui avaient acquis ce bien le 9 mai 1816 de Pierre Joseph Prévost, cultivateur à Roubaix. © Copyright association Eugénies Reproduction interdite.

Les plans du Vert Cottage en 1923


En 1923 le Vert Cottage est vendu à René Jean Emile Ladreyt et Marie Julie Adèle Sellier.  Gabriel Pagnerre l'aura conservé dix ans depuis sa construction en 1912, mais il ne l'aura habité que la moitié du temps en raison de la première guerre mondiale. L'architecte retrace les plans de sa construction, avec les trois niveaux, sur lesquels apparaissent des aménagements concernant notamment le chauffage. Il est intéressant de voir la destination des pièces à l'époque. Les plans sont notés " Dressé par l'architecte agréé soussigné Lille le 13.11.23 ". Au dos des plans bleus figure le tampon rouge avec la date 19 novembre 1923. © Copyright association Eugénies Reproduction interdite.


Pagnerre le précurseur

Publié dans La Voix du Nord

Au début du siècle dernier, vivait à Mons un architecte haut en couleurs, Eugène-Gabriel Pagnerre. On lui doit quelques-unes des plus belles façades de la ville, comme le 205 de la rue du général de Gaulle, qui fut son premier cabinet d'architecte.

Eugène Gabriel, personnage complexe, tirait parti, avec talent, de ses propres contradictions. Né à Petite-Synthe, dans le Dunkerquois, il a été toute sa vie un régionaliste convaincu, a défendu la langue flamande et glorifié les qualités de droiture et de courage de « l'homme du Nord ».

En même temps il était un Européen farouche. Il s'inspirait volontiers de l'Art nouveau d'Albert Roosenboom et Victor Horta, dont les maisons bruxelloises étaient à une portée de voiture, ainsi que de l'architecture Arts and Craft, anglaise. Il connaissait très bien Mallet-Stevens, et Le Corbusier, qu'il fit venir à Lille en 1933.

En perpétuel renouvellement, l'architecte monsois entendait toujours se situer à la pointe des nouvelles tendances et des nouvelles techniques, tout en exprimant son génie régional. Ce mélange osé est toujours visible sur les façades de ses maisons. Il s'y côtoie des soubassements en béton armé préfabriqués en usine et des pignons d'inspiration flamande ou des fenêtres à colombage évoquant les villas du bord de mer.

Eugène-Gabriel se rêvait aussi, parfois, en urbaniste. « Puissent les Français du Barœul, Lillois, Roubaisiens, Tourquennois, s'unir pour l'accomplissement du vœu commun et bâtir avec ferveur la métropole qui, par sa masse et son importance économique, sera la seconde ville de France... en attendant de devenir, par son rayonnement pacifique et son nordisme inaltéré, la première de l'Occident continental », écrivait-il dans Au Nord, un astre nouveau, 1929.

Il ne craignait pas de mettre ses idées en pratique et de proposer son propre schéma urbain. Il situe le centre de cette nouvelle métropole, «  capitale de l'Europe », à Mons-en-Baroeul, précisément au niveau de la nouvelle mairie. 


Sur ce plan « bleu » daté du 17 décembre 1925, on distingue une grande place vers laquelle convergent plusieurs avenues. Elle rappelle, toutes proportions gardées, la place de l'Étoile, à Paris.

Dans le même esprit, la ville a été divisée en arrondissements organisés dans le sens des aiguilles d'une montre. Il existe un axe Est-Ouest (avenue Robert-Schuman) et un axe Nord-Sud (Marc-Sangnier), tout comme aujourd'hui. Finalement, Henri Chaumette, à qui l'on doit les plans de l'ancien Nouveau Mons, avait eu à peu près la même idée... la place exceptée !

Gabriel Pagnerre en a rêvé et, bientôt, la Ville l'aura fait ! La nouvelle place sera très différente de ce projet centenaire. On n'y verra pas toutes les voitures de la métropole y converger. Ce sera un coeur de ville piétonnier et vert, au centre de deux axes perpendiculaires qui lui ressemblent.

Probablement, l'idée n'aurait pas déplu à l'architecte. En tout cas, il n'aurait pas renié ce nom de place de l'Europe.

Alain Cadet