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Lucien Eugène Louis Pagnerre, le père de Gabriel


Francis Pagnerre, l'arrière petit-fils, nous a communiqué cette photographie de Lucien Eugène Louis Pagnerre, le père de Gabriel. Quelles superbes bacchantes impressionnantes ! Au dos de la photo il est noté simplement " Lucien Pagnerre ".

Dans les écrits il est quelquefois stipulé Louis Lucien, à d'autres endroits Lucien Louis et même Lucien Gabriel Louis. C'était fréquent à l'époque d'inverser ou de modifier l'ordre des prénoms, voire d'en rajouter comme le fera justement Gabriel Pagnerre en se faisant appeler E. Gab. Pagnerre après le décès de sa maman.

Louis Lucien Pagnerre est né à Gravelines le 6 février 1851. Il se marie à 22 ans avec Eugénie Marie Julienne Bollengier, le 24 mai 1873 à Dunkerque. De cette union naîtra, à Petite-Synthe (Dunkerque) Gabriel Eugène Pagnerre le 14 octobre 1874. En 1878 il s'installe à La Madeleine.


Louis Lucien Pagnerre et Eugénie Marie Julienne Bollengier, les parents de Gabriel Pagnerre

Avant Mons-en-Barœul, il habite Lille (Fives) au n° 68 de la rue de Rivoli (de 1881 à 1884), il est alors géomètre arpenteur. En 1891, il est devenu architecte et réside au 34 rue de Bouvines à Lille (Fives).


Une construction rue Boldoduc à Lille, le Pavillon Ste Marthe, qui date de 1891, porte la plaque de Lucien Eugène Louis Pagnerre, le père de l'architecte Gabriel Eugène Pagnerre.





On connaît une autre construction à La Madeleine qui possède une plaque avec la mention " L Pagnerre "


Cette plaque de Lucien Eugène Louis Pagnerre, le père de Gabriel Pagnerre, figure sur une maison à La Madeleine, au n° 16 de la François de Guillebon, au milieu de nombreuses constructions de son fils


Dès 1898, il figure dans l'annuaire Ravet-Anceau, à la rubrique Mons-en-Barœul, en qualité d'architecte.

Sa publicité de 1909, mentionne qu'il est architecte diplômé de la Société Nationale des Architectes de France, il habite alors à Mons-en-Barœul au 26 rue de Roubaix.

Il décédera le 14 juin 1912 à La Madeleine, en son domicile au n° 40 rue Jean Bart et sera enterré au cimetière de Mons-en-Barœul.

Une construction de Lucien Pagnerre

Grâce à Sophie Di Nallo responsable du service " Ville d'Art et d'Histoire " à la ville de Lille, situé Porte de Paris, nous venons d'avoir connaissance de cette construction qui se trouve rue Boldoduc à Lille. 

Le pavillon Sainte Marthe est signé de L. Pagnerre. Il est daté de 1891. Il s'agit donc d'une construction du père. 

Il existe une autre construction rue François de Guillebon à La Madeleine qui possède aussi une plaque gravée d'une réalisation signée du père seul.



Un style Pagnerre


Qui a bien pu dessiner ces belles maisons de style flamand des toutes premières années du XXe siècle ? Pour tenter de répondre à cette question, nous avons rapproché les photos des nº 67 et 73 de la rue du Général de Gaulle et le nº 2 de la rue Florimond Delemer : trois maisons dont l’architecture est généralement attribuée à Lucien Pagnerre (le père de Gabriel). Si le nº 67 est d’Henri Boudin (notre édition du vendredi 6 novembre). Qu’en est-il des deux autres ?

Le nº 73 appartient au même rang que le nº 67. Il a été construit sur la même parcelle agricole, vendue par lots, à la fin du XIXe siècle. La première trace de prise de possession des lieux date de 1901. Les maisons des nº 67 et 73 sont pratiquement contemporaines. Les structures des façades sont très voisines. Le pignon flamand du nº 73 est simplifié mais surmonté par le même genre de tourelle. La disposition des fenêtres est inversée, mais la structure générale demeure. Serait-ce une seconde réalisation d’Henri Boudin ?

Gilles Maury, architecte et enseignant à l’école d’architecture de Lille (basée à Villeneuve-d’Ascq), n’y croit pas : « Elle pourrait être de Thibeau, un architecte roubaisien qui s’était fait une spécialité du pignon flamand avec ces sortes de mini-tourelles à la base. » Pourtant, l’examen attentif des deux soubassements en pierre grise de Belgique fait apparaître une taille très particulière. Visiblement, elles viennent du même atelier.

Le nº 2 de la rue Florimond Delemer est calqué sur le nº 73. Les fenêtres du toit sont cependant ornées d’un bâti en bois dans le style balnéaire. C’était une des nombreuses spécialités de la famille Pagnerre mais Henri Boudin construisait aussi sur le littoral comme en atteste son chalet de Wimereux. Pour cette dernière réalisation, Gilles Maury est encore plus catégorique : « Avec des fenêtres incluant des motifs circulaires, je ne pense pas du tout que cela soit de Boudin : c’est trop art nouveau pour lui. » Et il conclut : « On ne peut attribuer des maisons à cause de la similitude des plans : tous les architectes faisaient à peu près les mêmes. »


Le mystère des belles bourgeoises demeure. A. C. (CLP)

Article écrit par Alain Cadet © pour la Voix du Nord du jeudi 12 novembre 2015