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Une salle de fêtes signée Gabriel Pagnerre

 La salle de fêtes de Flers-Breucq

46 rue Jean Baptiste Bonte
(Villeneuve d'Ascq)


Ce bâtiment, construit en 1912, a été réalisé par Gabriel Pagnerre. Il porte une inscription salle de fêtes où l'on retrouve la touche de l'architecte, avec le compas franc maçonnique stylisé, les 3 points carrés et la forme des lettres dont notamment la barre transversale du A. La construction en briques alternant des triples lignes blanches ainsi que le style des corbeaux sont des classiques dans ses réalisations.


Située au 46 rue Jean Baptiste Bonte à Villeneuve d'Ascq (dans l’ancien quartier de Flers Breucq), cette construction publique est donc la toute première de l’architecte, alors qu'il vient d'obtenir son diplôme d'architecte agréé qui lui ouvre ce marché. 

S’agissant d’une commande publique, avec de nombreuses contraintes, il n’a pu exprimer son art comme il le fera par la suite.




Comme nous l'écrivions, dans la Brève d'Eugénies n° 21, en octobre 2019, cette construction est bien de Gabriel Pagnerre. Nommé architecte de la ville de Flers-Breucq, (une des anciennes communes rassemblées maintenant dans celle de Villeneuve d'Ascq avec Annappes et Ascq), il avait pu dès l'obtention de son diplôme d'architecte agréé en 1912 intervenir pour réaliser cette construction publique. 

A droite, un panneau, présenté en novembre 2023, lors de l'exposition organisée par la Société Historique de Villeneuve d'Ascq sur le centenaire de l’Ecole Jules Guesde de Villeneuve d’Ascq (Flers Breucq), avec un gros plan (en bas) sur la légende : " L'architecte de la ville Gabriel Pagnerre construit en 1912 une salle des fêtes, devenue la salle Alfred Dequesnes en 1977. "

Merci à Guy Selosse.

Le n° 1 Place du Maréchal Foch à Villeneuve d'Ascq

Cette construction, qui a vu ses premiers plans signés de l'architecte Gabriel Pagnerre en 1926, a connu deux agrandissements. La première évolution est également de Gabriel Pagnerre qui a agrandi la maison sur sa partie droite. Plus tardivement ce fut une autre extension, dans les années 2000, toujours sur la droite et l'ajout d'une réalisation isolée sur l'avant.

Merci à Benoît et Juliette Lamborelle qui ont sauvé cette construction de la destruction en lui redonnant tout son cachet.

Voir un complément ici

Clichés de Jacques Desbarbieux © les mercredi 28 mai 2025 et 27 mai 2026

La façade principale


Cliché de Benoît Lamborelle


La façade est traitée en contraste avec un crépi hydrofin de couleur crème teinté dans la masse et des briques rouges de Wahagnies ou Bonzel. Cette construction a subi plusieurs agrandissements qui ont respecté cette  bichromie.


De gauche à droite, la maison d'après les plans de mars 1926 et ses deux extensions successives. Tracé en rouge la construction la plus ancienne occupée par Frédéric Huber à partir de 1930, au centre en vert l'ajout secondaire et en bleu le dernier agrandissement des années 2000.

L'entrée


L'agrandissement de la construction avec un ajout en façade donne cette étonnante disposition avec une seconde porte métallique, qui était en fait au début la première porte d'entrée.



La rampe d'escalier semble reproduire des décors helvétiques, une allusion à son premier propriétaire le consul de Suisse ?


Une petite touche franc maçonnique avec les trois rainures au sommet du pilier du départ de la rampe d'escalier


La salle de bains au premier étage avec ses importantes baies vitrées qui apportent l'éclairage sur le palier et l'escalier

 

Une frise de carreaux noir et blanc, dans le goût de Robert Mallet-Stevens



De même le sol de la salle de bains joue de cette dualité en noir et blanc, à remarquer également la courbe du bas des plinthes, une particularité destinée à simplifier l'entretien, conforme au thème hygiéniste de l'époque, et que l'on retrouve à la Villa Cavrois





Une porte à l'étage avec les moulures d'origine et les carreaux à base triple



Le palier à l'étage avec une triple distribution



Dans la cave, une des portes d'origine


Par ce soupirail de la cave on devine une ferronnerie en forme de colimaçon ou labyrinthe, ainsi qu'un dégradé de briques en 7 étapes, des symboles de la franc maçonnerie 


L'étonnante cheminée dite à l'anglaise située sous une fenêtre




Après décapage des bacs à fleurs on retrouve la teinte bleutée originelle des cabochons en céramique.

La façade arrière, côté sud


La façade arrière est dans la même configuration que la façade avant, sans l'adjonction de l'extension secondaire, ce qui permet de mieux visualiser l'aspect initial de la réalisation. L'ajout plus récent, visible sur le cliché ci-dessous à gauche, qui date des années 2000, reprend les codes architecturaux de la construction d'origine.


Sur ce cliché de la façade arrière on découvre le clocher de l'Eglise du Sacré Cœur, Place du Maréchal Foch à Villeneuve d'Ascq, à rapprocher du plan initial de Gabriel Pagnerre daté de mars 1926 qui situe la construction " Contour de l'Eglise à Flers-le-Sart ".


Ce rapprochement entre la façade avant et la façade arrière inversée permet de mieux visualiser les modifications introduites par les travaux d'agrandissement et l'adjonction d'une avancée.

La face latérale, côté nord


On retrouve les mêmes cabochons vernissés sur les balconnières en soubassement des fenêtres


Le monogramme FH, correspondant à Frédéric Huber, consul de Suisse, premier occupant et commanditaire de la construction. Visible sur la face latérale de la maison, il est réalisé avec des fers forgés entrecroisés fixés sur la cheminée. Ce détail figure sur les plans initiaux de Gabriel Pagnerre datés de mars 1926, avec la dénomination ancre, il s'agit en fait de maintenir les deux cheminées très distantes à l'aide d'un tire fond, dont l'utilité s'est trouvée moins essentielle lors des modifications ultérieures de structure.


La rue Jean Jaurès à Villeneuve d'Ascq

Les clichés et les textes ci-dessous sont extraits de la publication parue en 2018 " Autrefois et aujourd'hui Flers Bourg - Flers Breucq " par la Société historique de Villeneuve d'Ascq.

90 rue Jean Jaurès

Cette maison de 1910, bien que non signée, pourrait être attribuée à l'architecte Gabriel Pagnerre.


Elle est élégante et le regard s'arrête volontiers sur les détails de sa construction : l'alternance de bandes de briques rouges et claires, qui marquait l'appartenance de l'architecte à la franc-maçonnerie, la ferronnerie du garde-corps du balcon central d'inspiration art nouveau, les formes décoratives au milieu des travées latérales, les soupiraux en forme d'aile de papillon, la charpente apparente au pignon.


En 1928, elle était occupée par Jean Leman (1891-1980), directeur d'usine, et son épouse Marguerite-Marie Wattinne (1893-1971).


En 1950, c'est Maurice Olivier (1914-2008), fabricant de bas et matériel textile à Roubaix, son épouse Marie-France Lestienne et leurs neuf enfants. Maurice Olivier fut président de la Maison des Professions (Entreprises et cités). Lors de ses obsèques, on comptait 19 petits-enfants et 31 arrière-petits-enfants.


En 1988, c'est le cabinet médical de Monique Guieu-Leman.


Ce bâtiment est aujourd'hui (en 2018) occupé par la société IDEC, entreprise d'électricité générale.


116 rue Jean Jaurès



Jules Lemaire (1872-1937), confectionneur, et son épouse Marie Marga (1872-1953), sont venus s'installer dans cette maison construite en 1925, à la mode régionaliste de l'entre-deux-guerres, par l'architecte Gabriel Pagnerre.


En 1946, ce sera Henri Pollet (1915-1997) et son épouse Annette Glorieux (1920-2016). Henri, descendant de la famille Pollet, fondatrice de La Redoute, évoquée avec son père au numéro 2, avenue de Flandre. Lui-même devint PDG de la société à la suite de son père. Henri Pollet vendit cette résidence pour construire dans la propriété de son père, une maison qui était une réduction de la grande maison parentale. Son épouse était extrêmement dévouée aux œuvres paroissiales.


Dans les années 60-70, la maison est occupée par Pierre Deboudt, dont l'entreprise de charcuterie & salaisons est située juste à côté au numéro 114.


De nos jours c'est le domicile de Gilles Gallaud, ophtalmologue, et de son épouse Annick Mouquet, dont les grands-parents, Jean-Marie Theillier (1906-1980) et Marie Doisy (1905-1980), originaires de Lille, sont arrivés à Flers, rue Jules Guesde, après leur mariage, en 1929.



Sur le pignon gauche, un grand vitrail présente des symboles maçonniques, signature de l'architecte. La France possède la plus grande surface de vitraux au monde.


D'autres clichés



Partie haute du vitrail franc-maçonnique vu de l'intérieur


Partie basse du vitrail franc-maçonnique vu de l'intérieur


Le vitrail en entier qui illumine les deux niveaux







116 bis rue Jean Jaurès



Cette grande demeure élégante a été construite par l'architecte Gabriel Pagnerre, en 1925, pour Albert Verbeke, entrepreneur de plafonnage, et son épouse Marguerite Beert.


Le week-end de Pâques 1936, la famille était partie sur la côte belge à Knocke. Lors de son retour, la maison avait été cambriolée. Les malfaiteurs s'étaient introduits en cassant la vitre d'une porte du salon donnant sur le jardin. Après avoir forcé un coffre-fort, ils avaient emporté de l'argent, des titres et des bijoux.


En 1945, elle est achetée par Emile Dumont (1901-1985), industriel, et son épouse Suzanne Selosse (1897-1965). En ayant recours à l'architecte Charles Vollery, ils construisent une annexe à usage de cuisine, office et garage. Devenu veuf, Emile se remarie, en 1970, avec Renée Horent.


Dans cette rue Jean Jaures à Villeneuve d'Ascq il y a aussi une autre construction au n° 70.



Il existe aussi des constructions dans la rue Jean Jaures à Croix



La rue Jules Boucly à Villeneuve d'Ascq

Ce cliché et le texte ci-dessous sont extraits de la publication parue en 2018 " Autrefois et aujourd'hui Flers Bourg - Flers Breucq " par la Société historique de Villeneuve d'Ascq.

Nous avons rectifié un passage concernant la loi Loucheur, Gabriel Pagnerre " précurseur " ayant réalisé des constructions quelques années avant la publication de celle-ci.


N° 90 à 114 rue Jules Boucly

Cet ensemble de maisons date de 1925.


L'architecte Gabriel Pagnerre a harmonisé les constructions en leur donnant une même organisation : deux niveaux et deux travées, mais leur a attribué des particularités décoratives qui rendent chaque maison unique, évitant la monotonie. Cela donne des maisons différentes, mais cependant avec un petit air de famille qui fait que l'on se sent aussi appartenir à la communauté de la rue et du quartier.


C'est la pleine époque du style Art déco et des Années Folles.


Au numéro 94, à compter de 1931 et jusqu'à son décès, à plus de 85 ans, Auguste Natiez (1874-1960) coiffera les hommes. Il avait remplacé Maurice Tobot qui lui n'était pas coiffeur mais perruquier.


Gabriel Pagnerre (1874-1939), fils d'architecte s'est démarqué de ses confrères qui trouvaient plus prestigieux de construire des palais, des théâtres, des églises, en se consacrant plus particulièrement aux maisons individuelles qu'il construira en grand nombre, plus de quatre cents, principalement dans la région lilloise et quelques-unes sur la côte. Villeneuve d'Ascq en possède de nombreuses, essentiellement sur Flers qui sont citées tout au long du livre.


En 1913, il avait établi un projet de construction de neuf maisons ouvrières sur un terrain du bureau de bienfaisance de Flers. Il était alors l'architecte de la commune. Il s'agissait de pavillons jumelés. 


La Grande Guerre stoppera ce projet. Mobilisé à l'âge de quarante ans, il est engagé dans le Génie et se retrouve à Verdun, où il est blessé à deux reprises. Démobilisé en janvier 1919, il rentre à Mons-en-Barœul pour assister au décès de sa mère, probablement victime de la grippe espagnole. Il peine à retrouver sa clientèle. C'est alors pour toute une nouvelle classe de petits propriétaires qu'il construit dans l'immédiat après-guerre des bâtiments influencés par l'Art déco. Les terrains sont désormais découpés en lotissements et beaucoup accèdent pour la première fois à la propriété.


C'est bien avant la publication de la Loi Loucheur, du 13 juillet 1928, que Pagnerre réalisa des maisons de ville avec des qualités d'espace et de confort certaines. Voir à ce sujet la maison " Redcathut " au n° 57 de la rue Pasteur à Mons-en-Barœul, qui possède en façade son année de construction en chiffres romain (MCMXXV = 1925).


Pagnerre a toujours essayé d'être dans la modernité, usant d'un nombre restreint de formes architecturales pour individualiser chaque maison.


D'autres clichés de la rue Jules Boucly 

© Jacques Desbarbieux