Une carte du Vert Cottage

On vient de dénicher cette carte très rare du Vert Cottage, dans la série de l'éditeur Laffineur Samin. Il existe deux cartes postales différentes de cette construction de Gabriel Pagnerre, qui fut son deuxième cabinet d'architecture à Mons-en-Barœul. Cette carte a été postée en 1920 ... un peu de suspens pour connaître ce qui est écrit au dos !


Généalogie Pagnerre


Merci à Annie Delatte qui s'est plongée dans la généalogie Pagnerre et nous produit ces trois tableaux. Cliquez dessus pour les agrandir.

1) - L'ascendance en ligne directe de Francis Pagnerre, la branche paternelle du côté Pagnière (remarquez les orthographes).


2) - L'ascendance en ligne directe de Francis Pagnerre, la branche maternelle du côté Bloclet.


3) - Le cousinage entre Eugénie Bloclet et son mari Gabriel Pagnerre.


Explication : Pierre Pagnière a eu au moins deux enfants, François et Jean François. Ici nous sommes au niveau des frères et sœurs. Ensuite, chacun de ces enfants a eu au moins un enfant, Françoise a eu Charles et Jean François a eu Louis. Ici nous sommes au stade des cousins germains.
Ces cousins ont eu au moins chacun un enfant, Charles a eu Eugénie et Louis a eu Gabriel. Nnous sommes donc au niveau des petits-cousins.
Donc Eugénie Bloclet et Gabriel Pagnerre étaient petits-cousins.

Si on veut mettre leur relation au niveau des degrés, il faut remonter à l'auteur commun, et en droit civil (différent du droit canonique), ils sont parents au 6ème degré. Ces degrés calculés sous l'ancien régime, en droit canonique étaient très importants pour obtenir une dispense de consanguinité auprès de l'Evêque. Ici à Lille, c'était Tournai....

Guy Selosse a complété et actualisé cet arbre généalogique. Cliquez sur le document pour l'agrandir.



Descendance


Cette photo de Claude et Nelly Pagnerre a été prise en 1962, y figure également Dominique enfant.

Les " à côtés " d'un architecte côté


Le président fondateur de l'association historique a grandement contribué à faire reconnaître Gabriel Pagnerre. A tel point que depuis quelques années, il est maintenant habituel que l'estampille de l'architecte soit signalée lors de la vente d'une maison. Nous connaissons même quelques habitants d'une demeure Pagnerre qui en ont quitté une pour aller dans une autre. Par contre le côté "village" de Mons-en-Barœul se fait parfois encore sentir, certains estimant que l'on en fait de trop pour cet architecte considéré comme ayant travaillé pour les riches et la bourgeoisie !! Pourtant si l'on se donne la peine de bien découvrir sa personnalité, on s'aperçoit qu'il a été à l'inverse haït par d'autres en raison de ses opinions. Partisan de la révolution bolchévique, membre d'une loge maçonnique, adepte des théories modernistes, proche d'autres courants plus à droite ... Justement un être entier, foncièrement honnête, patriote, révolté par l'injustice, mettant son savoir-faire pour le bien de tous. Bien trop complexe pour être résumé à une image réductrice et donc fausse. Quelle chance pour notre ville d'avoir eu ce précurseur. Ami de Le Corbusier il a su anticiper sur l'évolution de l'architecture et de la ville. Concevoir en 1910 des maisons avec garage, et même parfois pour deux véhicules ! Comprendre l'importance d'une métropole et de la création du Grand Boulevard. Développer en 1925 un plan de développement de la ville de Mons-en-Barœul, tellement en avance que des projets actuels en sont proches ! Tout en s'intéressant aux classes moins aisées et en réalisant pour elles des habitations toutes différentes, comme les HBM, avant même la promulgation de la loi Loucheur. Aucune monotonie dans ses logements, afin que les rues soient agréables à parcourir et l'individu préservé. Merci Gabriel Pagnerre.

Maison-atelier 261 rue du Faubourg de Roubaix


Cette photo du carrefour de l'entrée ouest de Mons-en-Barœul, dit du Lion d'Or, date des années 1950. On voit au fond le château blanc connu aussi sous le nom de château Kaufman, avec au niveau de la flèche rouge l'entrée de la rue Emile Zola. Cette flèche a été tracé par Henri Chomette, l'architecte de la Zup de Mons-en-Barœul. Un autre architecte est présent sur ce document, c'est Gabriel Pagnerre dont on voit à gauche la maison-atelier, au niveau du lampadaire. Celle-ci a été détruite lors des travaux de réalisation de la voie rapide, en 1982. Ce bâtiment datait de 1910 et avait servi d'atelier de bonneterie.
Une autre photographie de cette construction figure à la page 115 du livre Gabriel Pagnerre, architecte de notre ville. C'était, sur Mons-en-Barœul, la seule réalisation de Gabriel Pagnerre, qui n'était pas une habitation. Il semble malheureusement que ce sont surtout les constructions publiques qui ont eu à pâtir des démolisseurs. Mais c'est principalement la ville d'Halluin qui a le plus supprimé les témoignages de cet architecte, avec la destruction du dispensaire d'hygiène sociale et une partie de l'école Jules Guesde.

Pagnerre dans Lille Métropole Info


Dans le numéro 51 d'avril 2008 de Lille Métropole Info, est publié un article, en page 15, sur le carrefour des rues Pasteur, Poissonnier et De Gaulle. Cliquer sur l'image pour agrandir.
" En cette après-midi ensoleillée, Mons-en-Barœul semble endormie. Nulle autre présence que celle d'un livreur de bière qui s'active devant les n° 16 et 18 de l'impasse Pasteur, belle demeure parfaitement en état encore aujourd'hui, signé d'un nom connu dans la commune : L&G Pagnerre, Lucien le père et Gabriel le fils ont en effet laissé leur empreinte d'architecte dans la ville ..."
A signaler que cette habitation vient d'être vendue, elle avait été occupé jusqu'à présent par les mêmes propriétaires. A l'intérieur (que l'on peut découvrir sur le DVD) l'ensemble a conservé son cachet d'époque avec le poële et les menuiseries d'origine.
Merci à Didier Bataille à l'origine de cet article.

Archives municipales de Mons-en-Barœul

Des nouvelles découvertes permettent d'étoffer nos connaissances sur les activités de Gabriel Pagnerre juste après la première guerre mondiale.

Ci-dessous un tampon avec sa signature à l'encre rouge, utilisé uniquement durant l'année 1919. Les 3 points sont remplacés par un seul point, après le G du prénom et deux traits horizontaux parallèles barrant la dernière lettre.


Un dossier concernant les réparations suite aux dommages de guerre, qui est conservé aux archives municipales de Mons-en-Barœul, comporte de nombreux documents en rapport avec Gabriel Pagnerre. Nous apprenons ainsi que dès sa démobilisation, début 1919, il va s'occuper de ce sujet en tant qu'architecte monsois. Il participera aux rénovations de l'église Saint-Pierre, de la mairie et des écoles. Ci-dessous quelques vues de ces diverses pièces, avec des papiers à en-tête aux différentes adresses succesives, des récapitulatifs d'honoraires, des notes manuscrites, etc.
Une mine de renseignements qui nous éclaire sur la période 1919-1924, époque où les constructions de Gabriel Pagnerre sont inexistantes.

Admis au salon des artistes français

Ce papier avec cet entête date aussi de 1919. Deux médailles ont été attribué à Pagnerre, mais il lui manque toujours la Légion d'Honneur. Il fait figurer la mention " Admis au salon des artistes français ". Il est architecte agréé des communes et des établissements publics du département, ainsi qu'expert auprès des tribunaux.


Pagnerre au Trocadéro

Ce papier à entête est étonnant car c'est la seule fois où figure le mot Trocadéro. Gabriel Pagnerre habite alors le Vert Cottage situé rue du Quesnelet, non loin de son premier cabinet d'architecture, lui aussi situé dans ce quartier du Trocadéro. Il semble que cela corresponde au besoin de mieux situer l'emplacement de son lieu d'exercice. De même la mention complète Mons-en-Barœul-lez-Lille nous confirme dans cette hypothèse. Gabriel Pagnerre adepte de modernisme a le téléphone (avec le numéro 4), on imagine toutefois la rareté des appels compte tenu du nombre de lignes existantes !

Manuscrit

Les écrits de la main de Gabriel Pagnerre sont exceptionnels. Celui-ci date de 1920. On remarque sur le tampon, pour la première fois, un début de transformation du prénom. Gabriel est devenu Gab. Une étape avant la mention E. Gab.

3 médailles

Sur cet entête apparaît une modification : trois médailles au lieu de deux, avec au milieu la fameuse Légion d'Honneur que Gabriel Pagnerre obtiendra en 1920. Nommé Chevalier dans l'ordre de la Légion d'Honneur, le 20 juin 1920.
C'est en février 1921 qu'aura lieu la remise officielle de l'étoile à cinq rayons doubles, émaillée de blanc, surmontée d'une couronne de chêne et de laurier, avec la devise " Honneur et Patrie " inscrite au revers.



L'autre changement est désormais l'appellation E. Gab. Pagnerre. L'architecte accole ses deux prénoms Eugène et Gabriel pour rendre hommage à sa mère décédée en 1919 qui portait le prénom d'Eugénie.

Tampon Mons-en-Barœul et Lille

Ce document, avec un tampon de février 1920, est le premier où l'on découvre, la ville de Lille en plus de celle de Mons-en-Barœul.

Deux adresses, l'une à Mons et l'autre à Lille

A partir de 1922, sur les papiers officiels de l'architecte on découvre les deux adresses : toujours celle du Trocadéro à Mons-en-Barœul, mais aussi une autre à Lille au 35 Boulevard de la Liberté. Il reçoit à Lille le mercredi entre 2h et 4h, et à Mons les mardi et samedi de 10h à midi. Entre temps, depuis 1921, il est devenu secrétaire du syndicat des architectes agréés du Nord de la France.


Une autre adresse à Lille

En avril 1922, Eugène Gabriel Pagnerre, indique sur ces lettres une prochaine adresse à Lille. Du 35 Boulevard de la Liberté il va déménager ses bureaux au 4 bis place de la République.


Remise en état des bâtiments communaux



4 bis Place de la République à Lille

Gabriel Pagnerre a installé ses bureaux au 4 bis Place de la République à Lille. Comme le confirme ce tampon à date quelques jours avant la fin de l'année 1923. Une encre bleue est usitée au lieu du traditionnel tampon rouge. De même pour le papier à entête.



Dommages de guerre

Autre signature

Actes d'Etat-civil


On retrouve dans les actes d'Etat-civil plusieurs mariages entre les familes Bloclet et Pagnerre. De plus de nombreux ascendants de Gabriel Pagnerre exerçaient la même profession de douaniers. (Document archives municipales de Mons-en-Barœul).